Computer Head -Unknown-2007/11
Panne d'ordinateur,
Panne de coeur
Privée du lien universel!
Le corps assoiffé...En sursis...Course hâletante à la puce electronique...Objet de désir
Saint Graal de la communication:Assouvir sa soif virtuelle du moi internaute
Absence non tolérée, subie et transgressée
Par le secours du Lien:Cordon Ombilical clôné d'une Amie non moins virtuelle
Blogueuse en manque
Blog en attente!
Capteurs sensoriels en sommeil,
Perfusés au fluide électronique,
Echange épistolaire en souffrance,
J'ai mal à mon ordinateur !
Par Mlle C.
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Publié dans : Monologue-Soliloque
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L'Homme qui marche de Giacometti. On dit de cette oeuvre qu'elle représente l'être humain qui avance vers la lumière comme des millions d'êtres humains. Cet homme ne se pose pas la question de pied droit ou
de pied gauche, il marche, décidé, les yeux rivés vers l'horizon. (propos repris)
"De quoi avez vous peur Mme C...?"
"J'ai peur de mon absence, je ne sais pas ce que je peux devenir, ce que mon oubli de moi va provoquer!"
Paradoxalement, sa réponse témoigne de sa
présence plus que certaine.
"Quand cela ne va pas, je regarde l'Homme qui marche et cela me donne du courage."
Cet Homme je l'observe quand je vais chez cette Dame, peut-être
pour comprendre ce qu'elle veut me dire. Cet maigreur et cet acharnement à rester homme malgré la difficulté de vivre.
Sa maladie fait que ses troubles s'accentuent et malgré cela elle ne se veut pas battue, malgré la douleur, et la douleur elle la connaît je la rencontre à chaque intervention chez elle.
C'est dans ses moments de lucidité qu'elle se sent blessée, meurtrie même par Alzheimer.
Au cours de nos conversations, je lui fais remarquer que tous les souvenirs qu'elle partage avec moi la caractérisent, la rendent unique à mes yeux et à ceux avec qui elle les
partage.
Peut-être oublie-t-elle à quoi sert une brosse à dent, ou une brosse à cheveux ou même le nom de son
petit-enfant, mais ses souvenirs disent ce qu'elle est, son caractère, lui donnent le sourire, me font rire, nous font du bien à tous.
Par Mlle Capucine
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Publié dans : Chronique sociale
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La première fois que j'ai entendu parler d'eux, ce fut lors d'un retour vers le passé avec la Dame qui me raconte ses souvenirs.
Elle m'expliquait que la Turquie a été l'un de ses voyages préférés grâce à la danse mystique de ces fameux Derviche tourneurs.
"On dirait qu'ils dansent avec les Cieux!" a-t-elle dit.
De retour chez moi, je me suis empressée d'aller voir ces danseurs sur le net.
L'un des must de mon métier c'est qu'il peut aussi m'enrichir culturellement !
Y-a-t-il des volontaires?
Le danseur tourne d'abord lentement puis très rapidement, jusqu'à ce qu'il atteigne une forme de transe, durant laquelle il déploie les bras, la paume de la main
droite dirigée vers le ciel dans le but de recueillir la grâce d'Allah, celle de la main gauche dirigée vers la terre pour l'y répandre. (source wikipédia)
Et puis au sortir de ces
recherches, je me suis fait cette réflexion:"Ils me font penser à elle."
Ou plutôt à ses souvenirs, à sa farandole de souvenirs, toute la journée, et même chaque jour, elle vit dans le tourbillon de son passé.
Le présent ne laisse plus sa trace, il ne lui reste plus qu'à jongler avec les images de son passé, de ses voyages, des moments vécus avec sa
famille, ses amis...
Je ne vous l'ai jamais dit mais elle ne se souvient pas de mon prénom, elle ne se souvient de moi que par les sensations de bien-être ou de
mal-être que je lui laisse après mon passage, je fais alors en sorte que cela ne soit que du bien-être.
En discutant avec mes collègues, je me suis aperçu que ce n'est qu'avec moi qu'elle partage ses souvenirs de voyages, avec d'autres elle ne
parlera que de sa famille, de ses enfants, avec moi c'est automatiquement des souvenirs des voyages qu'elle a fait qui reviennent, dès qu'elle me voit, on se dit bonjour et de suite elle me dit
qu'elle a pensé aujourd'hui aux derviche tourneurs et que ce qui la fascine c'est qu'ils semblent danser avec les Cieux et qu'elle a en tête la musique lanscinante sur laquelle ils dansaient.
Et moi de répondre: "Ah bon!?Vous êtes allée en Turquie? Racontez moi ça!"
Par Mlle Capucine
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Publié dans : Portrait
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S'extraire pour quelques instants de la ville, chercher les hauteurs pour dominer une fois les tourments sinueux.
Haut perché, chercher des yeux la beauté transcendantale de ce qui habituellement nous happe et nous engloutie. Aussi loin que nos yeux nous portent, se perdre dans ses pensées
nébuleuses et se laisser aller à ces échappatoires.
Perdre pied, aller jusqu'au bout de ses limbes, les désenfouirent, les attraper à pleine mains, les jeter à la face de cette ville que l'on domine de ces hauteurs pour mieux s'extraire de la
fange; de ces rues bourbeuses malaxées par ces pieds enchaînés au sol les jours ordinaires.
Et puis...revenir, redevenir n'importe qui, être de nouveau ensevelli par le quotidien, n'échapper à rien...
Par Mlle Capucine
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Publié dans : Promenade poétique
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Dur dur la rentrée surtout quand on n'a pas eu de vacances!
La tension guette et l'impatience aussi!
On fait tout maladroitement, tout est dur, même d'écouter les histoires de ces charmantes mais non moins agaçantes petites vieilles dames rongées par la maladie d'alzheimer!!!
Alors l'usure se pointe timidement, elle me révèle le bout de son nez et j'ai envie de foutre le camp, de changer de boulot pour lui échapper.
Ah non elle ne m'aura pas si vite, j'entre alors en rébellion, je boude, je cogite et je "réflexionne" intensément!!!!
Ma copine me demande ce qui m'arrive, mon blog se meurt...Quel dommage!!!
Eh bien ma chère Grande Copine, mes états d'âme, pour ne pas dire mon début d'usure professionnelle m'assèche côté inspiration!
Je réfléchis tellement pour trouver un moyen de rétablir mon équilibre professionnel, que je n'ai pas le temps de me pencher sur mes petites histoires intimistes inspirées jusqu'ici par mon
travail auprès de ces Dames.
Alors si mes articles se font rares désolée!!
Mais je pense que de relire ceux déjà édités, permet de laisser voir d'autres sens que la première lecture n'a pas permis de révéler.
Alors compris Grande Copine?! Ne désespère pas, l'inspiration reviendra!
A bientôt!
Par Mlle Capucine
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Publié dans : Chronique sociale
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Enfin la rentrée!
Pour la plupart des patients en fin de vie, les vacances riment souvent avec monotonie ou maison de retraite estivale, où les occupations sont aide à la toilette, aide au repas et fauteuil
roulant.
Pour ceux vers qui je suis allée et continue d'aller, vacances riment avec famille, grand repas de fête, petits enfants hurlant et gigotant dans tous les sens, ils retrouvent leur maison
familiale à la campagne,c'est tout un programme festif et enivrant!
Je les retrouve rajeunis, pimpants, métamorphosés! Ah, c'est un vrai bol d'air pour moi, je suis ravie, je les ai quittés fatigués par l'hiver et les chaleurs du début d'été, et je les retrouve
ragaillardis !
C'est le privilège de ceux qui ont la possibilité de rester au sein de leur maison et d'être pris en charge par leurs enfants.
Mais pour les autres?
Les vacances sont bien tristes pour ceux qui n'ont pas les moyens de partir, tout juste de rester chez eux, et qui échappent à l'admission d'office en long séjour.
C'est dur mais c'est vrai!
Chaque jour du premier mois d'été, je suis allée à la rencontre de personnes bien mornes et tristes, pour qui les vacances se sont résumées à attendre ma venue et celles de mes collègues pour les
aider aux actes de la vie quotidienne.
Où sont les bénévoles en été? Où sont ceux qui se privent volontairement de quelques jours de fiesta estivale pour venir égayer la vie des aînés?
Je n'ai vu personne cet été dans les différentes résidences où j'ai pu aller.
Mea culpa! A part les salariés habituels qui tentent malgrés les charges de travail, et les collègues partis en vacances, de glisser par-ci par-là un jeu de mémoire, une sortie au parc ou un
loto; tristes moyens du bord!
Ahhh mes Aïeux! Aïe mes Aïeux comme dirait l'Autre.
Par Mlle Capucine
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Publié dans : Chronique sociale
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Ses poches seront à présent vides, elle a tirée sa révérence le 4 juillet 2008!
C'est ça aussi l'accompagnement des personnes âgées.
Comme le dit Marie de Hennezel: " Chacun sait qu'il lui faudra mourir un jour, chacun sait qu'il aura à accompagner un proche, qu'il lui faudra vivre la douleur de la séparation, soit parce qu'il
partira le premier, soit parce que d'autres partiront avant lui."
Dans ma pratique professionnelle d'AMP, je suis amenée à accompagner la personne dans les derniers instants de sa vie de façon digne et humaine.
Madame "Les poches pleines de souvenirs" est décédée à l'hôpital, entourée par sa famille.
J'aurais aimé lui dire à quel point j'ai aimé voyager avec ses souvenirs et ses vieilles photos usées!
Elle va me manquer...
Par Mlle Capucine
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Lorsque je vais chez cette patiente, je sais d'avance ce que seront nos prochaines
quarante-cinq minutes...Nous serons coincées toutes les deux dans son passé, passées et repassées, exténuées par sa souffrance, ses lamentations, vidées, décortiquées, et, épuisée d'avoir tenté
par toutes les stratégies verbiales de la sortir de cette miasme de sentiments refoulés, je m'en irai pour encore mieux revenir le lendemain.
Cette visite hebdomadaire me donne à penser aux regrets, à nos regrets, à mes loupés, à mes actes manqués...
Par Mlle Capucine
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Publié dans : Chronique sociale
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Ce portrait si touchant en noir et blanc, posé nonchalamment sur la commode relevant d'un autre temps. Un doux visage tourné de côté, une main qui pose à la façon renaissance, le petit
doigt cambré élégamment.
Ce visage me rappelle "cette Vieille Dame" qui est là devant moi ; comme elle se plaît à me le dire. Contraste flagrant face à la jeunesse du portrait. En une demi-heure, nous
refaisons le monde. Elle fait le tour de sa vie. C'est une farandole de souvenirs.
Elle se meut à travers les déchirures de sa vie, à travers le voile du passé qui devient de plus en plus opaque. Elle est comme habitée par une urgence de vivre qui s'est installé en parallèle de
la maladie. Imprégnée d'une douce mélopée, j'avance bercée du doux murmure de sa voix.
Faire éclater l'empire des non-dits!
Je ne suis pas un fantoche qui glisse sur la scène de leur vie, qui vibre au son de leur douleur, fardée par l'éclat de leur voix.
J'ai envie de transmettre un fac-similé de nos rencontres pour éloigner les sentiments factices. Tour à tour, je me revêts de la peau des Autres, chagrin, mélancolie, nostalgie. Je deviens le
récepteur sensoriel, le capteur des états d'âme qui forme sur mon parcours cette douce mélopée.
Par Mlle Capucine
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Publié dans : Chronique sociale
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